De Tarifa à Chaouen

 

Tout au bout de l’Andalousie, là où se rencontre la Méditerranée  et l’océan Atlantique, se trouve Tarifa. Un petite ville  connue pour ses plages au sable fin mais surtout pour ce vent qui souffle sans arrêt. Le paradis pour les amateurs de planche à voile et des surfeurs.

Tarifa, comme partout en Andalousie, garde les vestiges de l’occupation arabe. Le château de Guzman, construit au dixième siècle  par le califat, se dessine à l’horizon avec ses murailles qui délimitent la vielle ville. Je vous conseille de vous promener dans ses rues étroites  et sinueuses à la recherche de la chapelle de Santiago, du Couvent de San Francisco ou des églises de Santa María et de San Mateo.

Par contre, si vous êtes ici pour tater votre sens de l’équilibre, Tarifa possède de nombreuses écoles qui vous initieront au surf, kitesurf  ou windsurf. Pas facile de rester debout sur une planche et de se laisser porter par les vagues mais l’important c’est de ne pas se décourager. Tout effort mérite une récompense: une table vous attend dans un de ses nombreux restaurants  et savourez un plat  de poissons grillés, un calamar à la planche ou bien des palourdes cuites au vin blanc .Tout est fait ici pour rendre les touristes heureux aussi bien en été qu’en hiver.

 

Assise sur un parapet, je contemplais l’autre rivage, les côtes marocaines. Si proche à 11km seulement de Tarifa. Une idée surgit immédiatement dans ma tête : pourquoi ne pas prendre le ferry et me plonger, pendant quelques jours, dans la culture et l’histoire marocaine?

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J’ai rencontré, à l’aube, mes compagnons de voyage. Trente espagnols dans un autobus et moi, la seule canadienne avions choisi,comme itinéraire, le nord du Maroc et ses cités Impériales. Chaouen sera notre premier arrêt. Une ville bleue perché sur la chaîne du Rif, à 600 mètres d’altitude. En fait, elle se trouve sur les pentes de deux monts, Tisouka et Megou, qui entourent la ville comme deux cornes. Tout est contraste ici, le bleu des maisons, les couleurs bariolés des produits sur les étalages, les mosaïques multicolores. Ma première medina :  des odeurs de fruits, de légumes frais, de pain cuit dans le four m’assaillent immédiatement et les différents  épices, cumin, cannelle et gingembre  chatouillent mes narines.

Ses ruelles me mènent vers la place principale, Uta el-Hamman où se trouvent  la Grande Mosquée et la Kasbah. Ici, les habitants ( surtout les hommes ), assis sur les terrasses,  sirotent un thé à la menthe, un café ou  boivent une quelconque boisson gazeuse. Les enfants jouent et les femmes offrent des produits locaux. Voilà. comme je dis souvent « je suis ailleurs  » plongée de plein pied dans un autre monde, tous les sens en éveil.

Plus loin et en contrebas, se trouve la Place Makhzen. Là, vous trouverez un Parador, ou hôtel moderne, dont sa terrasse offre une vue incroyable sur le paysage environnant. Notre visite de Chaouen fut de courte durée, le temps de s’acclimater tranquillement à une nouvelle culture.Nous avons repris la route vers notre prochaine étape, Fez. Un voyage de nuit, sur une route cahoteuse et interminable.

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Séville: aux mille et une facettes

Voilà, c’est décidé, je vous emmène visiter Séville. Cette belle ville andalouse a tout pour vous conquérir: un fleuve, le Guadelquivir, son héritage maure, son Alcazar, sa grandiose cathédrale Santa Maria, son côté nature: El Parque Maria Louisa, son incroyable Place d’Espagne et naturellement ses joyeux habitants.

J’ai pris le bus pour me rendre à Séville, un voyage de trois heures, confortable et reposant. De la gare d’autobus, j’ai marché jusqu’à mon hôtel. Question de faire connaissance avec cette ville et de m’établir quelques repères. Je triche un peu aussi..Sur mon I-Phone, j’avais téléchargé la carte de Séville à travers l’application maps.me. Je vous la conseille fortement.

Mes premières impressions : de la vie sur les rues, des lignes de tramways, des monuments historiques, des magasins, des bars à tapas . Une effervescence incroyable. J’ai déposé ma valise et ma première visite sera pour la cathédrale Santa Maria.

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Cathédrale Santa Maria

 

Grandiose, impressionnante, voilà ma seule manière de la qualifier. En fait, elle est la plus grande cathédrale gothique au monde . Depuis 1987, elle est inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial et, en 2010, l’Unesco la déclare Bien de Valeur Universel Exceptionnel.

Comme beaucoup de monuments historiques en Andalousie, qui vont effacer les traces de la domination maure, la cathédrale  fut érigée à la place d’une mosquée. Sa construction débute à la fin du 15ème siècle pour se poursuivre jusqu’en 1506. Au cours des siècles et jusqu’à aujourd’hui, les travaux n’ont jamais cessé. Au départ,  les architectes utilisèrent certains éléments architecturaux de la mosquée pour les transformer. Le minaret deviendra ainsi la campanile, La Giralda , un des symbole de la ville.

 

Vous pouvez accéder au sommet de La Giralda, non pas en grimpant des marches, mais en suivant un long couloir intérieur qui serpente la tour. Ne vous découragez-pas, arrivés au campanile, vous aurez une vue imprenable de Séville.

 

En longeant  la cathédrale, on se rend compte, bien sur,  de sa superficie mais c’est en franchissant ses portes , que nous sommes abasourdis par sa grandeur. Je me suis  assisse sur un banc pour me laisser imprégner  par cette atmosphère de faste et de richesse à la gloire de  Dieu. Tout est démesuré ici : sa nef la plus longue d’Espagne, le choeur,  La Capilla Mayor, son monumental ostensoir, sa chaire en bois sculpté et le tombeau de Cristophe Colomb.

Je suis toujours impressionnée par la génie des architectes et des artisans des siècles passés. Ils n’avaient ni  grues ni machineries pour élever les voutes et maintenir l’équilibre des murs mais seulement leur audace et leur savoir faire.

 

Laissant la Cathédrale Santa Maria derrière moi, je vous emmène visiter l’Alcazar. Ancienne forteresse construite par les maures, elle est magnifique  avec  ses salles en faïence, « los azulejos « ,  ses arcs entrelacés, ses verrières et ses magnifiques jardins.

 

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Porte d’entrée de l’Alcazar

L’architecture de l’Alcazar représente bien l’histoire de l’Andalousie : islamique sous la domination maure, gothique sous la reconquête castillane et les rénovations seront influencées par le style renaissance et baroque. Incroyable mélange qui rend cette forteresse unique.

L’Alcazar est composé de plusieurs salles , salons, de cours intérieures et de différents jardins. Au fur et à mesure de votre visite, vous découvrirez le Salon des Ambassadeurs, La cour des Chasseurs , des Demoiselles et celle des Poupées, les salons de Charles Quint et finalement les jardins avec leurs terrasses, fontaines et bassins. Tout est d’une beauté incroyable : les mosaïques colorées, les arabesques, les murs avec leurs tapisseries, les massifs de fleurs, la végétation luxuriante et les différentes espèces d’arbres.

 

J’ai quitté les Jardins de l’Alcazar avec nostalgie pour me retrouver dans le brouhaha de la vie trépidante de Séville. J’ai marché vers les berges du Guadelquivir pour découvrir La Torre del Oro, tour de construction médiévale qui abrite aujourd’hui le musée de la Marine.

J’ai continué ma promenade le long du fleuve qui divise cette grande métropole de 700 000 habitants. Séville est composée de six quartiers: le centre avec ses rues commerçantes, le quartier Santa Cruz où se trouve la cathédrale et l’Alcazar,  El Arenal avec sa place de taureaux , Macarena moins connu mais plus typique, la zone résidentielle San Vicente et  Triana, le quartier le plus éloigné du centre historique.

 

Je reste dans le quartier Santa Cruz pour marcher  vers le parc  Maria Luisa du nom de sa donatrice l’infante Marie Louise d’Orleans. Il est sans contexte un autre havre de paix et de verdure dans cette ville turbulente. Parc mais aussi jardin botanique, il possède de nombreuses espèces végétales européennes et exotiques, un petit lac, des bassins et des fontaines.

 

Dans son enceinte, vous trouverez aussi la spectaculaire  Place d’Espagne, construite lors de l’exposition Ibéro-américaine de 1929.  Elle a la forme d’une semi-elliptique dont ses ailes abritent des bancs qui personnifient les quarante-huit provinces d’Espagne. Passez d’un banc à l’autre pour connaître les blasons et  admirer les mosaïques dessinant les faits historiques de ces provinces. C’est une place qui symbolise l’histoire d’Espagne. Les quatre ponts qui enjambent le canal au milieu de la place sont là parce qu’ils représentent les quatre reines d’Espagne. À voir absolument.

 

Je peux aussi vous parler des fameuses tapas que vous mangerez, comme les Andalous, accoudés au bar ou en plein milieu de la rue, de la profusion de restaurants, de la vie nocturne…alors si vous êtes en Andalousie, ne manquez pas  cette ville chaleureuse, historique et en même temps très moderne. Perdez-vous dans ses quartiers et laissez-vous imprégner par son atmosphère pleine de vie.

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Ronda l’inoubliable

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Ronda : la vielle ville

 

Si votre voyage vous mène en Andalousie, une visite à Ronda est obligatoire. Ce village andalous perché , tout là haut, dans les montagnes vous enchantera. La route, pour vous y rendre, est sinueuse avec une suite interminable de tournants  à vous donner le vertige. Pas besoin de conduire, montez dans un autobus et admirez le paysage qui défile sous vos yeux.

 

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Les montagnes de la Serrania

 

Ronda est une des villes les plus anciennes d’Espagne. Selon les époques, elle portait des noms différents : Arunda sous les Celtes, Laurus sous les Romains et Hisn-Rand-Onda pendant la domination arabe. Sa situation géographique particulière lui donne son caractère unique. Ronda est entourée par les montagnes de la Serrania , traversée par la rivière Guadalevin et  coupée en deux par un gouffre de 100 mètres  » El Tajo  « qui sépare la ville moderne de sa partie la plus ancienne. Le panorama est féerique et en empruntant le Pont Neuf vous serez séduit , tout comme moi, par la beauté de cette ville.

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Vue sur El Tajo

La vieille ville avec ses maisons blanches empilées les une par dessus les autres témoigne de l’influence maure sur tout le territoire andalous. Ici aussi des ruelles étroites vous mène vers les plus belles maisons et monuments de l’époque: l’église Santa Maria La Mayor, le palais de Mondragon, la jolie place de María Auxiliadora.

 

 

Dans la ville moderne ou « El Mercadillo « ,  je vous recommande de visiter les arènes de Ronda, une des plus vieilles d’Espagne. C’est là, qu’au milieu du 18ème siècle, le torero Francesco Romero demande la permission d’utiliser la muleta pour mettre à mort le taureau. Il donne ainsi naissance à l’art de la corrida moderne et le torero gagne ses lettres de noblesse en affrontant, face à face, le taureau.

Ernest Hemingway passionné de tauromachie venait régulièrement à Ronda et les cendres d’Orson Wells reposent dans la finca de son ami et fameux torero Antonio Ordoñez.

 

Marchez lentement sur la promenade en pierre qui serpente la ville moderne. Sur votre route, vous verrez les jardins de Cuenca, le mirador de Aldehuela surplombant la fameuse gorge et qui vous offre une vue splendide sur les montagnes encerclant Ronda.

Alexandre Dumas a surnommé Ronda « La Romantique » en lui créant une histoire de brigands et de toreros. Un surnom qui lui convient parfaitement.

 

Comme Ronda se trouve à plus de 700 mètres, elle ne connaît pas les chaleurs étouffantes de l’Andalousie mais ses hivers sont plus froids. Pour ma part, je l’ai visité au mois de novembre sous un soleil radieux et en manches courtes. Il semblerait que j’ai eu de la chance !  Par contre, si vous êtes, en août, en Andalousie, montez à Ronda  pour participer  au Festival de Cante Grande où vous écouterez les meilleurs chanteurs de flamenco.

À mon avis, toutes les saisons sont bonnes pour découvrir Ronda. Quoique vous portiez, lunettes de soleil, chapeau, imperméable, gros pull, vous serez, sans aucun  doute, ébloui devant sa beauté.

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Andalousie ou Al-Andalus

 

Ma route en Andalousie m’a fait découvrir Séville, Grenade, Cordoue, Malaga, ses villages blancs perchés dans les montagnes, ses bords de mer parfois démesurément développés, ses oliviers aux troncs tortueux et ses oranges sucrées. Elle m’a surtout permis de rencontrer les Andalous avec leur accent bien particulier et leur indéniable joie de vivre. Écrire sur l’Andalousie c’est parler aussi de son héritage maure qui a laissé son empreinte sur toute la région. C’est un coin d’Espagne que j’ai découvert petit à petit et que j’ai appris à aimer.

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Un peu de géographie

L’Andalousie se situe au sud de l’Espagne, ses côtes longent d’une part la mer méditerranéenne et d’autre part  l’océan Atlantique. De Tarifa, son point le plus extrême, vous voyez la côte marocaine et vous êtes en 45 minutes à Tanger. En allant vers le nord, vous prenez la route vers Le Portugal. Sur son territoire coule le Guadalquivir, un des plus long fleuve d’Espagne. L’Andalousie est la région la plus peuplée mais aussi une des plus pauvres. Elle vit essentiellement de tourisme. Sur votre route vers le Maroc, vous passerez à côté de Gibraltar, enclave britannique, dont le détroit contrôle le passage entre la Méditerranée et l’Atlantique. Faites-y un arrêt de  quelques heures si vous voulez faire de bonnes affaires. Il n’y a pas de taxes sur « The Rock »  mais munissez-vous de votre passeport.

Andalousie et son climat

Il fait chaud en Andalousie ! En fait, c’est une des endroits les plus chauds d’Europe. Ses été sont torrides surtout durant les mois de juin, juillet et août  avec des températures qui frôlent parfois les  40 C  mais ses hivers sont doux et agréables.  En décembre, j’ai profité de ses plages et même mis mes pieds dans l’eau. En fait pour découvrir cette région, je vous conseille de la visiter au printemps ou à l’automne.

 

Un peu d’histoire

Pour comprendre l’Andalousie, il faut parler de son héritage musulman. En effet, la région a été sous domination arabe pendant de nombreux siècles . En 711, les Maures l’envahissent et leur présence se poursuit jusqu’en 1492 laissant une marque indéniable sur son paysage. J’ai admiré l’Alhambra à Grenade, la mosquée de Cordoue, l’Alcazar de Séville pour ne mentionner que les plus grandioses.

 

La langue espagnole a été façonnée, elle aussi, par cette culture. Voici quelques exemples : hola qui vient de Allah, ojalá de  In sha Allah..si Dieu le veut, aceituna  qui tient son origine de az-zaytun. En fait, on trouve plus 4000 mots d’origine arabe dans le castillan.

Un peu de gastronomie

L’Andalousie est le pays de l’olive sous toutes ses formes. Elle est aussi la terre des oranges tellement juteuses et sucrées que vous ne pourrez plus vous en passer. Elle est aussi réputée pour son jambon ibérique ou jambon cru qui provient d’une race de porc dont la chair est presque noire. Il ne faut surtout pas le confondre avec le jambon de serrano qui lui provient d’un porc blanc. Si vous aimez les poissons , crustacés et coquillages, vous ne serez surement pas déçus. Tous les supermarchés ont leur poissonnerie. Vous y trouverez sole, loup de mer, morue, crevettes, calamar…Sur place et selon vos souhaits, les préposés, avec une dextérité incroyable, vous les nettoient et les filètent en un tour de main. Pour accompagner vos repas, je vous conseille, bien sur, les vins Andalous et en apéritif son fameux jerez.

Les routes de mimi vous mèneront découvrir, dans les prochaines semaines, toutes les beautés de cette Andalousie, lieu historique mais aussi endroit de villégiature.